Pirate Letter #7 – Rencontre avec un de nos élu·es CSE : Cyril

Cette édition est 100% France, parce que l’Espagne a brisé nos cœurs 💔


Rencontre avec un de nos élu·es CSE : Cyril

À la fin de l’année, les Back Makers en France éliront un nouveau CSE. Cyril en est membre depuis huit ans. Quelle a été son expérience ?

Le Comité Social et Économique (CSE) représente officiellement les Back Makers. Il est élu tous les quatre ans, et sa composition ainsi que sa mission sont régies par la loi française. Pour expliquer son rôle, laissons la parole à nos représentant·es actuel·les !

👋 Bienvenue ! Peux-tu te présenter ?

Cyril : Salut ! J’ai rejoint BM il y a neuf ans en tant que Customer Care Agent à Paris, puis je suis devenu Lead à Bordeaux quand nous avons ouvert les bureaux là-bas un an après. Depuis, j’ai occupé différents postes, toujours autour du Level-3 Customer Support / Quality.

Je suis au CSE depuis 2018, je m’occupe principalement des sujets de santé et de sécurité, et j’aide les autres Back Makers dans différentes situations.

🤔 Qu’est-ce qui est le plus important pour toi au CSE ?

Cyril : La partie socio-culturelle du CSE (chèques vacances, tickets de cinéma) m’intéresse moins. Initialement, j’ai rejoint le CSE il y a huit ans, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de personnes éligibles à l’époque, mais j’ai senti que ça allait être une mission importante.

Je fais de mon mieux pour aider les Back Makers quand iels ont un problème (management, dev plan …). J’essaye également de mettre en avant les sujets dans les réunions du CSE pour être sûr que les préoccupations des gens soient entendues.

😲 Quel est ton souvenir le plus marquant ?

Cyril : Deux choses me viennent à l’esprit.

Premièrement, il y a six ans, je pense : la première enquête que nous avons faite sur un top manager du BoT pour harcèlement qui a mené à son départ. C’était un peu effrayant : nous avions entendu des témoignages révoltants, et nous ne savions pas si l’enquête aurait un impact. Heureusement, elle en a eu !

Et bien sûr, les licenciements (PSE) en 2022-2023 : j’ai arrêté tout ce que je faisais pendant deux mois pour travailler avec des avocat·es, des auditeur·ices, et bien entendu mes collègues au CSE. On a eu besoin de se former sur ces sujets très rapidement, et d’échanger avec de nombreux·ses collègues qui étaient affecté·es par le plan. J’allais au bureau tous les jours pour m’assurer que tout le monde puisse venir me parler quand nécessaire.

Ça a été une période très compliquée. On a eu des réunions intenses, particulièrement la dernière pour finaliser le plan (et la prime de départ).

😎 Malgré tout, y a-t-il quelque chose dont tu es fier ?

Cyril : Quelques accomplissements réalisés sur plusieurs années, certains petits, certains spécifiques :

  • nous avons doublé la prime de départ du PSE ;
  • nous avons supprimé le délai de carence en cas d’arrêt maladie pour les nouveaux·elles arrivant·es ;
  • nous avons obtenu plus de RTT ;
  • nous avons réussi à améliorer les conditions de suspension de l’Office Policy.

Des choses comme ça. Mais je connais aussi les limites de ce que nous pouvons faire au CSE sans syndicat.

✊ Pourquoi as-tu rejoint Solidaires Informatique ?

Cyril : J’ai rejoint le syndicat individuellement durant les grèves contre la réforme des retraites, avec d’autres ami·es et un·e ancien·ne Back Maker. J’ai senti que Solidaires résonnait avec mes principes. C’étaient les personnes avec qui je voulais échanger durant les manifestations.

Nous n’avions initialement pas prévu de créer une section syndicale à Back Market, et les licenciements nous l’ont grandement fait regretter, parce que ça nous aurait permis d’avoir un pouvoir de négociation beaucoup plus important.

🤔 Qu’est-ce que tu dirais à un·e Back Maker qui songe à se syndiquer ?

Cyril : Viens, l’eau est bonne !

Plus sérieusement, je pense qu’il est temps que les travailleur·ses de la tech se syndiquent, particulièrement dans le contexte actuel avec l’IA, les licenciements, et les politiques de retour au bureau.

Ce n’est jamais “pas pour toi”, parce que c’est toujours pour nous tous·tes, et pour nos droits.

Cet entretien est la seconde partie d’une série. Retrouvez notre premier entretien avec Antoine.


Sondages IA : de zéro à deux

Lundi 6 juillet, nous avons lancé un sondage sur l’IA avec les autres syndicats de Back Market. Trois jours après, durant le BoT Update, le management a lancé son propre sondage 🤔

Nous ne savons pas ce qui ressortira de cette imitation. Jusqu’à présent, le management a toujours été clair sur son objectif (augmenter la productivité), donc ne nous attendons pas à grand chose…

Pour être certain·e que votre voix soit entendue :

Répondez à notre sondage sur l'IA à BM


Prendre soin de tous·tes les Back Makers

Les élections CSE auront lieu en octobre en France. Après les élections, pour la première fois, BM aura des délégué⋅es syndicaux⋅les. Avec les membres du CSE, ce sont des Back Makers qui nous représenteront, pour être nos yeux, nos oreilles, et notre voix quand des décisions sont prises.

Oui, le système entier est complexe (merci la réforme du droit du travail de Macron en 2017).

Ce qui est simple, c’est ce pour quoi Solidaires Informatique se bat : être là pour prendre soin de tous·tes les Back Makers ! 🫶

La charge de travail doit être soutenable, et discutée collectivement

Nous voyons des projets avec des échéances absurdes. Certain·es Back Markers travaillent jusqu’à tard le soir et durant le week-end. Les équipes sont sous-staffées, avec des priorités détachées de la réalité. Ce ne sont pas des problèmes individuels, mais des signes d’un problème dans notre entreprise. Nous souhaitons les prendre en compte de la façon suivante :

  • le rôle donné par la loi au CSE est de veiller sur notre santé, notre sécurité et nos conditions de travail, et il a les moyens de le faire (il peut par exemple faire des enquêtes) ;
  • les délégué⋅es syndicaux⋅les peuvent négocier des accords formels avec l’entreprise, par exemple sur l’organisation du temps de travail, ou le droit à la déconnexion.

Les procédures et les règles doivent nous respecter, et respecter nos vies

L’Office Policy est toujours un problème pour beaucoup de personnes. Les Back Makers sont placé·es en plans pour “amélioration de la performance”, ou “dev plans”, sans considération de leur vie personnelle, et sans support de leur manager·euse. La rémunération reste un sujet obscur. Nous souhaitons que ces procédures prennent nos réalités en compte :

  • la loi exige que le CSE soit consulté avant que ces pratiques soient mises en place. Son rôle est de demander des comptes au management, et de faire en sorte que nos droits soient respectés ;
  • La loi va obliger BM à négocier avec les délégué·es syndicaux⋅les sur les rémnuérations (pas avec le CSE). Nous allons enfin pouvoir nous exprimer sur le partage de l’enveloppe des augmentations !

On travaille ensemble, on s’épanouit ensemble

L’IA nous pousse de plus en plus à travailler en isolation, car elle est introduite sans stratégie. Les Back Makers placé·es en Dev Plan ont un sentiment de honte et se sentent seul·es. À cause de l’Office Policy, iels peuvent passer leurs jours au bureau dans un booth alors que leur équipe est à un autre endroit. One team, one time ?

  • la loi oblige que le CSE soit consulté lorsqu’une nouvelle technologie est introduite (art. L2312-8), précisément car cela a un impact sur la façon dont nous travaillons collectivement ;
  • pendant deux ans, le syndicat a été un groupe de soutien : nous avons organisé des réunions, des after-works, des sondages, des groupes d’entre-aide pour les Dev Plan et pour déclarer la vente de BSPCE aux impôts. Nous continuerons !

Prendre soin des Back Makers n’est pas un “mantra” ou une “valeur” vide de sens. C’est ce que nous avons toujours fait, et continuerons de faire au CSE.

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