Rencontre avec un de nos élu’es CSE : Antoine
À la fin de l’année, les Back Makers en France vont élire un nouveau CSE. Qu’en pensent nos élu’es actuel’les ? On commence avec Antoine !
Le Comité social et économique (CSE) représente les salarié’es auprès de la direction. Il est élu tous les 4 ans. Sa composition et ses missions sont fixées par la loi française. Pour expliquer son rôle, on s’est dit que le plus simple c’était de faire témoigner nos élu’es !
👋 Hello ! Est-ce que tu peux te présenter ?
Antoine: Salut. Je m’appelle Antoine, j’ai 42 ans. Ça fait 5 ans que je suis chez Back Market, 35 ans que je bricole des ordinateurs, 20 ans que c’est mon métier. Je suis télé-travailleur habitant à Orléans. Je suis rattaché à Paris, mon équipe est basée à Barcelone.
J’ai été élu suppléant au CSE en 2022, je suis passé titulaire en 2024, et je fais partie de la commission « santé, sécurité et conditions de travail ».
🤔 Qu’est-ce qui est, pour toi, le plus important au CSE ?
Antoine: La représentation des salarié’es et la défense de leurs intérêts. Même si dans les faits le rôle est souvent consultatif. C’est le levier qui nous est offert afin d’équilibrer les rapports entre direction et employé’es.
Je pense que dans une boite qui met en avant des valeurs écologiques, il est aussi important de réfléchir a la place et au rôle de l’humain.
😲 Depuis que tu es élu, qu’est-ce qui t’a le plus marqué ?
Antoine: Le PSE en 2023 et la suppression de 13 % des emplois, dont 67 en France. On a été consulté (c’était obligatoire), et on a vu une des faces plus dures monde du travail. À la suite de ça, le CSE a perdu beaucoup de ses membres sans possibilité de remplacement : sur 26 élu’es en 2022, nous ne sommes désormais plus que 8. Ça crée de réels problèmes organisationnels, mais aussi de représentativité.
Il y a aussi eu retour en arrière sur l’Office Policy, et un recul peut-être plus global sur le côté weird et sympa de BM.
😎 Malgré tout, qu’est-ce qui te rend fier ?
Antoine: Je suis content lorsque j’arrive a faire entendre les préoccupations de collègues, lorsqu’on arrive a obtenir des changements positifs au travail. Un exemple simple : les lumières ne s’éteignent plus dans les escaliers à Paris quand les gens sont dedans. Il a fallu que notre commission « santé, sécurité et conditions de travail » fasse une demande officielle ! Il y a beaucoup de trucs comme ça liés aux bureaux, et en général c’est du travail d’usure…
Un autre exemple : le CSE avait demandé, dès le début de l’Office Policy, que les jours l’alerte météo rouges soient considérés comme des Flexidays. Mais a l’époque c’était trop compliqué de le faire, on a dû revenir dessus plus tard et faire remarquer que la décision était prise a chaque fois dans la matinée…
✊ Pourquoi as-tu rejoint Solidaires Informatique ?
Antoine: Il vaut mieux s’organiser avant qu’il soit trop tard. L’industrie informatique est récente mais il n’y a pas de raison qu’elle échappe à ce qu’on voit ailleurs. La course à la rentabilité se fait souvent au dépens des employé’es. Faire plus avec moins, délocaliser, demander du travail de moins bonne qualité, des conditions de travail qui s’empirent, etc. Depuis 4-5 ans j’ai quand même l’impression que le vent a tourné et que la fête est finie.
Et puis, si un syndicat obtient suffisamment de voix aux prochaines élections CSE, et qu’un nouveau « plan de sauvegarde de l’emploi » a lieu comme en 2023, ça ouvrira la possibilité d’avoir une véritable négociation, au lieu d’une simple consultation du CSE.
🤔 Si quelqu’un hésite à se syndiquer, qu’est-ce que tu dis ?
Antoine: Hormis payer sa cotisation, ça n’engage pas à quoi que ce soit. Mais c’est aussi montrer son soutien à celles et ceux qui donnent de leur temps pour défendre des causes qui nous sont chères.
En ce qui me concerne c’est reconnaître aussi que les grandes avancées sociales n’ont pas été offertes gratuitement, mais sont le fruit de luttes.
Aux US: BM accusé de répression syndicale
En janvier dernier, un vote avait lieu au bureau de New York pour permettre aux Back Makers d’être représenté’es par un syndicat. La direction a fait activement campagne contre, à tel point qu’elle est accusée d’avoir enfreint la loi 😬
L’entreprise est maintenant poursuivie pour pratiques déloyales (unfair labor practice). La procédure est en cours, nous vous tiendrons au courant. Solidarité avec nos camarades !
Cela doit nous rappeler que le droit de défendre les intérêts des salarié’es n’est jamais acquis : c’est un droit qu’il faut lutter pour avoir et pour conserver ✊
Qu’est-ce que l’IA change pour nous ?
Les sections CGT Espagne, Solidaires Informatique et CGT France de Back Market publient un communiqué commun sur l’IA.
En mars, nous avions la BackCon à Bordeaux. Sans surprise, l’IA était le sujet au cœur des discussions. La quasi-totalité des points de vue reposaient sur deux postulats :
- l’IA n’est « que » un outil que nous devons apprendre à utiliser,
- l’IA est déjà une réalité dans la tech, et Back Market ne peut pas se permettre de rater le train.
En tant que travailleur’es syndiqué’es, nous ne pouvons pas être d’accord. La technologie n’est jamais neutre, et encore moins dans une entreprise privée. Son développement et son adoption répondent à des intérêts économiques et politiques précis. Notre responsabilité, en tant qu’organisations syndicales, est de veiller à ce que tout changement de nos conditions de travail bénéficie aux salarié’es. Nous sommes convaincu’es que ce n’est pas le cas ici.
Rencontrons-nous au All Hands!
🐬 Nous nous retrouverons quelque part à l’extérieur, comme l’an dernier. Si vous voulez en être, contactez-nous !
Nous ne communiquerons le lieu et l’horaire qu’aux Back Makers intéressé’es. Si vous voulez en être, contactez
Cyril sur Slack (@Сирил).
Mais si vous êtes timide ou voulez discuter de sujets personnels, le All Hands peut aussi être l’occasion d’avoir une discussion privée.
Si vous ne venez pas au All Hands, mais souhaitez quand même nous rencontrer, n’hésitez pas à nous contacter aussi 😉
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