Si vous prévoyez d’aller au All Hands, vous êtes peut-être inquiet·ètes à propos du trajet, en raison de l’appel à la grève des syndicats de la SNCF pour le 10 juin.
Vous avez peut-être également entendu que les cheminot·es sont des personnes fainéantes et privilégiées, qui s’arrêtent de travailler dès qu’elles en ont l’occasion, plongeant la France dans un chaos ferroviaire.
Eh bien ça ne peut pas être plus loin de la vérité. Nous avons discuté avec des employé·es de SNCF Connect, membres de Solidaires Informatique, qui nous ont aidé à comprendre ce qu’il se passe au sein du groupe SNCF.
Ces derniers mois, 13 cheminot·es se sont suicidé·es (syndicat CGT-Cheminots dans le journal Le Monde). Il y a bien longtemps qu’une telle catastrophe humaine n’avait eu lieu. Et elle doit être adressée.
Cette grève met en avant des conditions de travail qui se dégradent, causées par des réorganisations répétées, et le démantèlement du groupe en plusieurs subsidiaires, unilatéralement menées par le patronat, et affectant la santé mentale et physique des employé·es. Après des semaines de concertation qui n’ont mené à rien, les employé·es en ont eu assez.
Selon plusieurs rapports de l’AQST (Autorité de la qualité de service dans les transports), la France est l’un des pires pays Européens en termes d’investissements par habitant. En conséquence, plus de 80% des perturbations de trafic sont liées à ce manque d’investissements, contre moins de 10% liées aux mouvements sociaux (rapport AQST 2019).
Investissement par habitant dans les chemins de fer (AQST 2024) :
- France: 21€ per year
- Spain: 70€ per year
- Germany: 115€ per year
Dans un contexte plus global de sous-investissements structurels dans l’infrastructure publique de chemins de fer, de matériel roulant ferroviaire, de gestion du trafic, et d’ouverture à la concurrence sans contribution à la maintenance du réseau, cette mobilisation de cheminot·es a pour but de préserver le service public des transports ferroviaires français.
Solidaires Informatique Back Market est solidaire des travailleur·euses de la SNCF, et soutient leurs revendications.
Donc, quand vous monterez à bord du train (ou du car 😉) pour aller au All Hands, souvenez-vous : la situation est un peu plus complexe qu’un caprice de travailleur·euses privilégié·es.